10.10.2008

Applaudissons Le Clezio

 

jmg_le_clezio01.jpgL’écrivain niçois J.M.G Le Clézio a obtenu hier la distinction littéraire suprême. A l’âge de 68 ans, cet auteur déjà considéré comme un classique est salué pour son oeuvre à la fois poétique et humaniste.

Extrait :

J'aime la plus belle des lumières, chaude, jaune, celle qui apparaît quelquefois l'après-midi sur le mur d'une chambre face au sud. C'est en elle que je voudrais habiter, pendant des jours, des mois, des années. Souple, tiède, vivante, douce, jaune comme la paille, jaune comme la flamme des allumettes, elle entre par la fenêtre ouverte sans que je sache d'où elle vient, de quels sables, de quels champs de maïs ou de blé mur. Elle entre, pareille à une chevelure de femme, elle se met à bouger entre les murs de la chambre, d'un mouvement continu qui emplit de bonheur, d'un seul long mouvement qui se déploie et rebondit sans cesse, la belle lumière chaude, la lumière d'été. Je la sens venir, elle m'enveloppe comme l'air, mais sans rien qui trouble ou attouche, elle regarde chaque parcelle de ma peau, elle me baigne et m'éclaire. Aucune lumière ne sait faire cela comme elle. Elle, elle est venue de tous les points de l'espace, poudre des soleils et des étoiles, parfum des astres. Lumière du tabac et des genêts, lumière du cuir, lumière de la bière, lumière des fleurs, lumière de la peau blonde et claire, elle supporte tout cela avec elle, comme une rivière qui coulerait sur elle-même. On n'entend pas son bruit. C'est à l'intérieur des oreilles qu'elle murmure son chant, c'est à l'intérieur du ventre qu'elle fait tourner sa ronde. Lumière de la paix, et il n'y aura jamais d'autre paix, jamais de bonheur plus grand dans le monde. Les guerres, les crimes, les mensonges, la faim, la soif, la souffrance, tout cela s'efface quand cette lumière emplit l'espace. C'est elle que les hommes veulent voir.


J.M.G. Le Clézio, L'Inconnu sur la terre, 1978- Prix Nobel de Litterature 2008

 

 

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Commentaires

la Lumiere, surtout pour un franc maçon est la référence primordiale...il est necessaire de la traquer, car elle est source de bonheur et de vie, Bien souvent elle se cache en nous et le veritable travail sur soi consiste à prendre conscience de ce potentiel Nous ne savons pas la faire rayonner!!nos confidences et notre attente de l'autre sont aussi une maniere d'appréhender cette source....Continue de briller pour moi surtout dans cette periode où j'ai l'impression que la nuit m envahie....

Ecrit par : franklin | 10.10.2008

"déjà considéré comme un classique", vous allez bien vite en besogne. Applaudissez, mais ne vous faites pas mal aux mains pour si peu. La littérature française eût été bien mieux servie par la reconnaissance d'auteurs véritables, comme Jacottet ou Yves Bonnefoy. Entre Claude Simon et Le Clezio, il y a un gouffre : le jury du Nobel est tombé dedans, restons sur la rive...

Ecrit par : solko | 10.10.2008

tu m'excuseras je l'espère de copier-coller mon anecdote narrée via twitter
je n'évoque pas l'écriture de Le Clézio, tant de gens savent mieux le faire que moi, je donne un instantané de vie qui tranche avec certains de nos "auteurs" d'aujourd'hui:

à l’heure où certains « essayistes » pseudo-auteurs encombrent les plateaux télé, radio, etc. pour dire combien ils sont mal-aimés, j’aimerais narrer cette fois où j’ai croisé le chemin de cet immense auteur qu’est JM Le Clézio…
j’ai eu l’honneur de lui serrer la pince lors d’une première où l’on jouait un de ses textes. Il était un peu (très) obligé d’être là. Ca se sentait. A l’issue de la représentation, on lui tournicote autour, on lui propose petits fours et champagne: il choisit un jus de fruit / le dîner donné en son honneur par Pierre Cardin? il n’y assistera pas. C’est avec élégance et discrétion qu’il prend congé de ses hôtes.

Ecrit par : ohlebeaujour | 10.10.2008

La question n'est pas d'aimer ou de ne pas aimer Le Clezio, de toute façon, mais de juger d'un fait : son oeuvre est-elle digne ou non d'une distinction de cette dimension internationale, pour représenter la littérature française ? Ou du moins, puisqu'on est dans une logique de "sélection", n'exclut-on pas, en le choisissant, des auteurs mieux aptes à le faire. Et encore une fois, je pense à ces poètes que sont Jacottet, Bonnefoy : Le Clezio, déjà auteur de hit-parades, n'a pas besoin d'une telle "promotion". La poésie, je crois, si.

Ecrit par : Solko | 10.10.2008

Lui, je le connais, je l'ai même lu !!!!

Ecrit par : Minijupe | 12.10.2008

J'ai connu mes premiers frissons littéraires avec son oeuvre Lullaby. C'est tout à fait justifié de mettre cet auteur en avant, merci pour cet article.

Ecrit par : Pompe à bière | 08.04.2009

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